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Communiquer en famille

Le 30 septembre 2019

Communiquer en famille n’est pas quelque chose de naturel. Cela s’apprend. Malheureusement, nous n’avons pas eu de cours de communication en famille lors de notre scolarité. Nous nous rendons bien compte, chaque jour, à quel point cela aurait pu être bénéfique. Une bonne communication en famille est importante pour l’ambiance générale, pour que chacun existe de la même façon au sein du groupe, que chacun soit pris en considération. Pour l’enfant, la communication est
importante pour développer l’estime de soi, la sécurité affective et une bonne régulation émotionnelle afin qu’il devienne un adulte respecté, respectueux et bien avec lui-même.
Nous savons ce que c’est que “mal communiquer”: cela entraîne des conflits, des désaccords parfois même des ruptures...

Mais qu’est-ce que c’est “bien communiquer”?

Communiquer, c’est s’entendre parler, échanger une information pour que celle-ci soit entendue et comprise. Dans la communication, on essaye donc de faire passer un message. Cela semble simple comme ça. Pourtant dans la plupart des cas, nous écoutons dans le but de REPONDRE et nous d’écouter pour entendre le message de l’autre. Ce n’est donc pas si facile, notamment quand les émotions s’en mêlent. Quand il s’agit de faire passer un message simple, tel que “nous avons rdv chez le médecin à 16H”, tout va bien. Mais c’est parfois plus compliqué quand on souhaite partager ce que l’on ressent ou quand on ressent des choses fortes. Ceci est difficile entre adultes, également avec nos enfants.

Les émotions

Les émotions, la tristesse, la colère, la joie, la peur… peuvent parfois nous empêcher de bien communiquer. Un mot, une réflexion, un reproche génèrent chez les uns et les autres des ressentis différents, de la tristesse, de la colère, en fonction de notre état, nos réponses seront alors différentes. C’est ainsi chez chacun
d’entre nous et chez nos enfants.

De 0 à 6 ans, l’enfant n’est que dans l’émotion. Le cerveau préfrontal, celui qui réfléchit, commence à se développer. Pourtant, c’est aussi celui-ci qui aide à la régulation émotionnelle, qui les aide à se calmer, se contenir. C’est donc à nous, adulte, d’aider notre enfant à réguler son émotion.

Une autre chose est à savoir: une émotion sert toujours à quelque chose. Si vous ressentez quelque chose et si votre enfant pleure et se met en colère, CE N’EST PAS POUR RIEN!!!! Le corps a besoin de tellement d’énergie pour réveiller une émotion, qu’il ne le fera pas sans raison. Et l’émotion est toujours proportionnelle
au besoin. Si c’est une grosse colère, c’est que le cerveau a analysé la situation comme vraiment importante. Si c’est une grosse peur, c’est que le cerveau a analysé la situation comme réellement dangereuse… Si votre enfant explose de colère ou de pleurs parce que vous avez fermé la porte de la voiture à sa place, c’est que c’était réellement important pour lui. Si le chien lui casse sa tour et qu’il pleure à chaudes larmes, c’est qu’il est
réellement triste.


Les CAPRICES ne se développent qu’à l’âge de 7 ans. Un caprice, c’est de la “manipulation”. C’est savoir que si j’adopte ce comportement là, alors mon parent va ressentir ça et donc il se passera ça… C’est ce qu’on appelle la théorie de l’esprit. Vos enfants ont des envies de leur âge. S’ils sont en train de jouer à leurs
playmobils et que vous leur demander d’aller se laver et que vous les prenez de force, c’est comme si vous étiez face à un super film et qu’on vous éteignait la télé. Même si on vous avait prévenu, c’est quand même hyper agressif.

Parlons maintenant de l’amygdale et du préfrontal: le préfrontal sert à réfléchir, c’est la logique et le raisonnement. L’amygdale c’est cette petite noisette qui sert de système d’alarme. Lorsque le cerveau analyse une situation dangereuse, nécessitant de se mettre en colère ou d’avoir peur, comme par exemple une attaque,
alors le préfrontal, qui réfléchit s’éteint et l’amygdale s’allume. L’amygdale est une partie du cerveau qui permet au corps de réagir très vite de manière efficace, (normalement). On l’appelle aussi le cerveau reptilien. Malheureusement et heureusement quand celui-ci s’allume, plus rien d’autre ne fonctionne. Heureusement, car dans la jungle, face à un lion, je vous déconseille d’essayer de réfléchir, c’est déjà trop tard!! Il est alors inutile d’essayer d’expliquer ou de tenter un quelconque raisonnement, c’est éteint. On a tous vécu ce genre de situation avec une araignée ou en cas de colère, on fait ou dit n’importe quoi. On devient parfois violent, agressif, bizarre (on saute sur la table, on crie..)

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Lorsque la colère ou la peur se réveille, le cerveau qui réfléchit s’éteint et laisse l’amygdale gérer…

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Donc, lorsque vous voyez votre enfant ou l’Autre dans un état de peur ou de colère, commencez par calmer l’amygdale, en nommant le sentiment ou en faisant un câlin ou en le mettant en action (taper sur un coussin, courir, danser, crier…) et ensuite on explique. L’amygdale sert à se mettre en action! Inutile d’expliquer alors
que le cerveau qui réfléchit n’entend pas. Vous gaspillez du temps, de la salive et de la patience…

L’adulte et l’enfant

La grande question est : que voulons nous pour nos enfants? Nous dirons tous la même chose, qu’ils soient heureux, épanouis, qu’ils aient un travail et une vie qu’ils veulent, qu’ils soient autonomes, qu’ils soient bien dans leurs baskets, sûrs d’eux, qu’ils n’aient pas peur, qu’ils sachent gérer leur colère et leur tristesse en
évitant la dépression, qu’ils se respectent et respectent l’autre… Sommes-nous heureux? Est-ce que l’éducation que l’on a reçue nous a permis de développer tout ça? Je ne crois pas. L’autorité en forme de pouvoir sur l’autre confectionne des moutons. Voulons-nous des moutons chez nous? … Il s’agit donc de mettre en place une autre éducation que celle que l’on a reçue.
Pour cela, dans un premier temps, on peut essayer de prendre nos enfants en considération comme vous aimeriez qu’on le fasse pour vous.

Les sentiments

Nous avons tendance à traiter leurs sentiments et leurs paroles autrement que ceux des adultes.La plupart du temps, nous nous mettons en posture de celui qui sait mieux que l’enfant:


Exemple:
- Maman, je suis fatigué
- Impossible que tu sois fatigué, tu viens de faire une sieste
- Mais si!! je suis fatigué
- Tu n’es pas fatigué mais juste un peu endormi, habille toi!!
- Non, je suis fatigué!
Je vous laisse deviner la suite….


- Maman, il fait chaud ici
- Non, Il fait froid, garde ton pull!!
- Non j’ai chaud
- J’ai dit garde ton pull
Là encore, la suite va être compliquée


La maman se met en posture de celle qui sait mieux que son fils. Imaginez vous à la place de l’enfant?
Dialogue entre vous et votre amie
Vous baillez “je suis fatiguée”
Votre amie “Mais non, tu n’es pas fatiguée, tu viens de te réveiller”...
Je m’arrête là, vous comprenez certainement déjà. Que ressentez-vous? N’avez-vous pas qu’une envie celle
de vous opposer?


Le but est donc de communiquer, d’entendre l’autre, pour se comprendre. La plupart du temps, lorsqu’il y a
un conflit, c’est qu’on s’est mal compris ou qu’on ne s’entend pas.
Il est aussi important de se rendre compte, qu’il est peut-être facile d’écouter l’autre, mais lorsque l’autre
s’avise de nous faire une réflexion ou de dire une chose qui nous rend anxieux ou en colère, on le remballe! Et
ce, encore plus facilement quand cela vient de nos enfants.


Ex:
l’enfant: “ma fête d’anniversaire était nulle” (alors que vous y aviez mis le paquet)
Papa: “Mais enfin, t’as eu une super fête, bonbons, ballons, copains, cadeaux, confettis… Bah, la prochaine
fois, on fera rien du tout!!”
Papa qui modifie son discours: “Mince tu as l’air déçu?”
L’enfant: “Oui Axel n’est pas venu!”


Autre exemple:
Imaginez que vous êtes au travail. Votre employeur vous donne une tâche supplémentaire. Il veut qu’elle soit
terminée pour aujourd’hui. Vous avez l’intention de le faire, mais à cause d’une série d’urgences vous
l’oubliez. La journée est si mouvementée que vous avez à peine le temps de manger. Au moment où vous vous
préparez à rentrer, votre patron vous aborde en présence d’autres collègues et vous demande de lui remettre ce
travail. Vous tentez de lui expliquer. Il vous interrompt. D’une voix forte et autoritaire, il s’écrie: “il n’y a pas
d’excuse qui tiennent!! Pourquoi je te paye! Ne gaspille pas ta salive à m’expliquer!” Puis il s’en va. Vos
collègues font semblant de ne rien avoir entendu. Vous finissez de vous habiller et vous quitter le bureau. En
rentrant, vous rencontrez une amie. Vous êtes si bouleversée, que vous lui racontez.
Votre amie tente de vous aider de différentes façons. Vous pouvez observer votre ressenti à chaque
explication.


1- Négation des sentiments: Il n’y a aucune raison de se mettre dans cet état là, c’est pas grave!! T’es
certainement fatiguée et tu en fais toute une histoire.


2-Réponse philosophique: écoute la vie ne se passe pas toujours comme on veut. C’est injuste mais c’est
comme ça. Tu dois apprendre à accepter les choses comme elles sont…


3-Conseils: tu sais ce que tu devrais faire? Demain en arrivant, tu retournes t’excuser et tu fais le travail
demandé le plus rapidement possible pour lui montrer qu’on peut compter sur toi.


4- Questions: C’est quoi ces urgences de ta journée? Tu t’es perdu dans tes priorités? Comment tu pourrais
faire la prochaine fois?


5-Défense de l’autre personne: Je comprends la réaction de ton patron, il subit certainement beaucoup de
pression.


6- Réponse empathique: Ouha, ça a dû être compliqué à vivre. Se faire attaquer devant tous ses collègues
après une si grosse journée!! C’est trop injuste!


Maintenant, observez comment vous vous adressez aux autres, à vos enfants lorsqu’ils rencontrent des difficultés dans leur quotidien. Bien souvent, nous souhaitons tout de suite que l’autre aille vite mieux, notamment nos enfants, car c’est désagréable de les entendre tristes ou en colère et nous ne les écoutons pas.
Cette façon de communiquer se réapprend, car la plupart d’entre nous avons grandi dans un entourage niant trop souvent nos sentiments.

Comment les aider ?

1- Accueillir avec toute votre attention


2- Accueillez les sentiments à l’aide de petits mots: “Oh, Pffff, Je vois…”


3- Nommez les sentiments


4- Utilisez l’imaginaire pour répondre à leurs désirs


Je vous souhaite plein d’énergie.


N’hésitez pas si vous avez des remarques, des expériences, qu’est-ce qui fonctionne… ça nous fera tous
avancer!! Merci

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